katia golubeva
aditi singh
rajiv kumar
diary of a stranger

DIARY OF A STRANGER

France-Usa | 2004 | Fiction | 22'
Anglais | Français sous-titré
Tourné à San Francisco

Parcours visuel
Visual page

Synopsis
Un Français que l’on ne voit jamais arrive à San Francisco. Dès son arrivée à l’aéroport, il fait la connaissance d’une Américaine. Tout en s’immergeant dans son travail de recherche scientifique, il ne voit pas que sa femme, restée à Paris, est plus malade qu’il ne le pensait... Son parcours est retracé au fil de son journal intime.

Synopsis
Mary is a young women living in San Francisco. She finds the diary of a frenchman called Eugene in the Mission Dolores, the famous Vertigo's Mission. She's going to follow the life and the confessions of this invisible person until it becomes obsessionnal to her.

Notes sur le film
« Journal d’un Inconnu » : dès le titre, c’est une question d’identité qui est posée, en rapport au déracinement de notre époque. Les questions identitaires prennent un sens nouveau au regard des bouleversements géopolitiques qui changent la face du monde en ce début de siècle. C’est-à-dire, à la suite de déplacements, le sentiment pour beaucoup de ne plus avoir de racines.
J’ai tourné Diary of a Stranger quand j’étais étudiant aux California College of Arts de San Francisco. Ayant découvert par hasard à San Francisco la Mission Dolores, j’ai été frappé par la présence de ce lieu qui fut un des décors de « Vertigo » d’Alfred Hitchcock (1958). J’ai rapidement réalisé que j’étais plus intérressé par filmer les représentations de cette ville que de créer mes propres images. Le film s’est donc construit autour d’un axe très simple : une voix perdue dans le paysage. La voix, c’est celle du personnage principal que l’on ne voit jamais, car on entend seulement des passages de son journal intime. Le paysage est vu au travers des représentations qui ont fait l’histoire de la ville, des panoramiques de Muybridge à Vertigo.
La voix perdue dans la masse, puisqu’elle n’a pas d’image, est celle de n’importe qui. Si l’on n’a pas d’image de soi-même, on ne sait plus comment définir son identité comme quelque chose de fixe. Le film commence avec un récit classique puis se perds dans les représentations de la ville, constituant la visibilité intérieure du personnage.
Dans ce film, chaque image ou son est considéré pour lui-même, comme un signe ne représentant aucune réalité extérieure autre que sa propre présence sur la surface bi-dimensionnelle de l’écran.
VERTIGO Credits
Produit par Mickael Kummer
avec le soutien du California College of Arts
Scénario, réalisation, montage : Mickael Kummer
Image : Nicolas Pierattini
Musique originale : Daniel Jacobs
Musique additionnelle : J.S. Bach, Bernard Hermann
Décors, Lumières : Olivier Philipponneau, Tieh-Sheng Chiao
Interprète : Frankie Alexander
Voix-off : Frankie Alexander, Joel Maison, Julie Peters-Desteract

Détails Techniques
France-Usa, 2004, Fiction, 22 min.
Tourné à San Francisco
format de projection : DVD NTSC
format de tournage : 16 mm et DV Cam
format du cadre : 1,85
son : stereo
Procédé : Couleur & NB
Langue : Français et Anglais
Sous-titres : Français et Anglais

EXTRAIT DU SCENARIO

9 janvier
Je suis arrivé avec une heure d’avance.Je devais retrouver Lauren, une amie d’Anna qu’elle avait rencontrée lorsqu’elle était encore étudiante.Elles étaient ensemble en fac d'anthropologie à Paris VIII.
Elles étaient devenues rapidement très proches et ne se quittaient plus.Lauren s’était attachée a la France, mais, après 2 ans de séjour, elle dû retourner a Berkeley pour y finir ses études.
Je l’attendais dans le Hall d’entrée lorsque je vis entrer une femme d’environ 25 qui n’avait comme unique bagage que ses clés.Elle s’arrêta et scruta attentivement l’espace confine du Hall d’entrée, et sembla cependant n’en rien percevoir comme c’est souvent le cas avec les gens en retard.Après un bref regard vers le panneau, elle fila directement vers les arrivées.Elle passa à un mètre de moi sans me voir et je sentis que ce devait être elle.Je hasardais un Lauren timide qui ne trouve aucun écho en elle. Je devais avoir fait erreur.
Mais après l’avoir vu tourner durant cinq minutes dans toutes les directions, je ne résistais pas aux besoins d’aller la voir et de lui demander si elle était Lauren.
Elle se tourna surprise :
« I think you make a mistake »
Je bredouillai vaguement quelques mots pour m’excuser. Elle a souri :
« Are you French?»
Je lui ai demandé de deviner, elle n’a pas hesité un instant :
« You’re French ! »
Elle m’a alors tendu la main :
« I am Jessy, nice to meet you »
(Elle a sorti un morceau de papier sur lequel elle a inscrit un numéro)
« Here’s my number phone, call me if you’re in the Bay Aera… »


ENGLISH EXCERPT OF THE SCREENPLAY

(I got in an hour early yesterday. I was supposed to meet Lauren, a friend of Anna’s whom she’d met when still a student. They were in the Anthropology Department together back in Paris.
They’d quickly become very close, almost inseparable. But despite her fondness for France, Lauren had to return to California – to finish her studies there – and married shortly thereafter.
Anna often talked to me about her, but I had never met her.
I was waiting at the Arrivals terminal when a woman of about 25 entered. Apart from the key chain in her left hand, she was carrying no baggage. She went straight to the terminal, rapidly searched all around me, and didn’t seem to notice I was there.
After a glance at the arrivals display, she took off down the corridor I’d just passed through. She walked by without seeing me, and was about a yard away, when I immediately sensed that this must be Lauren. I let out a timid “Lauren,” which got no response. Must have made a mistake.
Five minutes later I saw her returning from the other end of the corridor, still looking in all directions without noticing me. I couldn’t resist the urge to approach her, and asked:
“Are you Lauren?” She turned to me, surprised, and answered:
“Are you French?” I stared at her foolishly before responding in the affirmative. She smiled and told me:
“I’m sorry, but I’m not Lauren…my name is Jesse. I’m pleased to meet you, though.” When she shook hands with me, I answered:
“I’m pleased to meet you, too.” She quickly scrawled a number on a piece of paper and told me:
“If you want to meet sometime, you can reach me at that number. Bye.” Then she disappeared down the corridor.)