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>Écouter
Intro électro-acoustique
de Juan Camilo Hernandez
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NOUS NOUS TOUCHONS,
COMMENT?
Visio-conférence
France | 2007 | 45'
Production Le
Fresnoy | Fondation
Royaumont
Présentée lors du festival
Latitudes
Contemporaines 2007/Panorama
8
Saison Musicale de Royaumont 2007
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Présentation
Une fille Russe vit deux histoires d'amour
sur internet, avec deux hommes, en deux langues. Malgré la distance géographique
et au-delà de l’écran (lieu de disparition) – ces trois êtres se touchent
dans l’aujourd’hui éternel de l’esprit. Sur scène: guitare,
flûte basse et clarinette sont l’incarnation tangible de ces relations.
Librement adapté de la Correspondance entre Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak
et Marina Tsvetaeva (Ed. Gallimard, Paris, 1983).
A Russian girl has two love stories on the internet, with two men, in
two languages. Despite the geographical distance and beyond the screen
(place of disparition) – those three people touch each other in the mind’s
eternal present. On the set : guitar, bass flute and clarinet
are the concrete incarnation of these relationships.
Freely adaptated from the Correspondence between Rainer Maria Rilke, Boris
Pasternak and Marina Tsvetaeva (Ed. Gallimard, Paris, 1983).
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Note
de mise-en-scène
Les trois webcams sont des plans fixes, frontaux, et les personnages sont au
centre du cadre. Un peu comme en référence à Ozu ou Ten de Kiarostami,
les cadres découlant systématiquement d’un dispositif répétitif ne cherchent
pas à exprimer quelque chose, et permettent aux acteurs d’émerger dans leur simplicité.
De même pour les webcams-portraits, nous cherchons la bi-dimensionnalité, c’est
à dire quand les couleurs caressent la surface de l’écran, que le texte tapé,
dans cette absence de profondeur, se mêle intimement aux images.
Ainsi, le texte sera le lien entre ces entre-deux qui reprennent deux grandes
traditions de l’histoire de la peinture : paysage et portraits, en voyant
comment ces figures sont retranscrites aujourd’hui par les caméras d’internet.
D’une part, on observe un phénomène de détérioration: pixels, parfois en gros
blocs se détachent de l’unité, cadence lente amenant des battements successifs,
enfin, ruptures de connexion, comme la pellicule pourrait casser. Cette détérioration,
différente mais comparable à celle des débuts du cinéma est bénéfique à l’image
vidéo: elle permet de nous éloigner du naturalisme qui confine souvent
au photo-journalisme et au télévisuel. |

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Le texte
est constitué d’extraits de lettres qui se répondent pour former la dramaturgie
d’une relation en triangle. Les prénoms des trois poètes ont été remplacés
par trois noms fictifs qui sont comme un Tiers : un personnage qui
fait le lien entre les poètes et les acteurs, et qui permet d’assumer
l’artificialité de la représentation (tout comme les références à l’écriture
des lettres conservent ce décalage entre le texte et la situation). De
cette manière, les acteurs n’ont pas à s’identifier à Rilke, Pasternak
et Tsvetaeva, mais au travers du texte, participent de la constitution
d’un personnage qui se relie de l’intérieur avec l’univers des poètes
(tout comme les vues de paysages sont le monde extérieur des poètes…
Et par là-même leur monde intérieur).
Les nouveaux modes de transmission - qui agissent au
cœur de notre vie quotidienne -, sont la germe de ce que seront les relations
du futur, c’est à dire la lutte entre réel et virtuel. À partir
de ce jeu d'anachronismes, nous voulons voir comment ces bouleversements
agissent au sein d’un dispositif scénique. Enfin:
voir si l’instantanéité permet la fusion des espaces (les lieux, les
êtres, les mots). |
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Note de
composition musicale
Le son et la composition musicale auront chacun
un double rôle, d'une part l'articulation de l'espace afin de
générer chez l'auditeur une sensation d'être immergé dans une géographie
sonore et d'autre part l'articulation du temps en créant des ellipses
temporelles ou en accentuant l'intention dramatique du dialogue.
Les parties instrumentales (flûte basse, clarinette basse et guitare)
apparaissent comme une métaphore des situations vécues à travers
les correspondances. Sans chercher un figuralisme la musique servira
aussi à souligner certaines parties du texte et celui-ci aura le même
effet sur la musique. La partie électronique de la pièce sera composée
à l'avance avec des sons qui font référence aux endroits où les personnages
se trouvent et le moyen d'interagir entre eux (internet, téléphone, visioconférence).
Les transformations en temps-réel de la voix et des instruments seront
le moyen de représenter la distance et le placement spatial des sons.
Les traitements feront penser aux problèmes de communication qu'il peut
y avoir avec les appareils utilisés, tels que la distorsion, la compression
et le filtrage, en faisant des aller-retour entre la compréhension et
l'incompréhension nette du texte. |
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Adaptation et mise-en-scène Mickael
Kummer
Composition musicale Juan Camilo Hernandez
Interprètes
Vera Lipa Ipatova
Aliocha Dmitri Makhomet
Werner Paulo Dos Santos
Programmation Interface
Grégory Lardon
Graphismes & Animations Enjary - Philipponneau
Ingénieur du son Christian Cartier
Assistant technique Moscou Sergey Sinitsyn
Chargée de prodution Emilie Godreuil
Directeur de production Jacky Lautem
Instrumentistes Ensemble
Cairn
Guitare Christelle Séry
Clarinette Mori Ayumi
Flûte Basse Cédric Jullion
Avec le soutien de la Ville de Sierre [Suisse]
Et de l'ECAV, École Cantonale d'Art du Valais
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Juan
Camilo Hernandez commence son approche de la musique par l’interprétation
de musique traditionnelle de Colombie, son pays natal. Puis, il poursuit
des études
de composition et d’électoacoustique à Bogota, au Conservatoire
National de Paris, au Centre de Création Musicale Ianis Xenakis, et participe
au programme « Voix Nouvelles » de la Fondation Royaumont. En 2001,
il gagne le Prix National de Musique du Ministère de la Culture en Composition
pour l’œuvre « El Juego » et ses pièces
ont été jouées dans les concerts de Jeunes Compositeurs
et par l’ensemble Danois « Contemporanea » en Colombie. |
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